Une certification de groupe pour des produits forestiers non-ligneux au Népal

Népal


Cette expérience népalaise décrit le rassemblement de plusieurs producteurs qui, pour mieux promouvoir leurs produits et développer leur capacité de production, se sont tournés vers un certificat de groupe.

21 groupes, utilisant les ressources de forêts communautaires se sont donc unis pour obtenir la certification FSC. Cette dernière leur a permis de produire de nombreux produits forestiers non-ligneux certifiés FSC, allant des médicaments, aux produits issus de la médecine traditionnelle ayurvédique en passant par des produits de beauté, afin de parvenir à les commercialiser sur le marché international.

Ce certificat fut le premier pour les PFNL (Produits Forestiers Non-Ligneux) en Asie. Les revenus issus de ces ventes sont partagés entre les différentes communautés, avec une priorité aux groupes les plus pauvres et les plus marginalisés. Une partie est également mise de côté pour des projets de restauration ou de conservation des ressources.

Eléments de contexte
Deux régions montagneuses du centre et de l’ouest de l’Himalaya népalais (Bajhang et Dolakha) abritent des forêts subtropicales à tempérées. Ces dernières, comme une majorité des forêts du Népal, sont la propriété du gouvernement mais sont gérées par des populations locales qui se réunissent et s’organisent en Groupes d’Utilisateurs de Forêts Communautaires (GUFC) qui sont légalement encadrés. Il existe plus de 14 000 de ces GUFC qui gèrent environ 1, 2 millions d’hectares de forêts.

Appuyer une gestion communautaire des forêts
La fédération nationale des utilisateurs de forêts communautaires, nommée FECOFUN, protège les droits de ces derniers, les aide à vendre leurs produits et à améliorer leurs conditions de vie parfois précaire. Le réseau asiatique pour une agriculture et des ressources biologiques durables, ou ANSAB, aide parallèlement ces groupes d’utilisateurs des forêts à devenir de réelles structures efficaces et dotées de capacités techniques suffisantes..

Aides nationales et internationales
C’est l’ANSAB qui a permis de réunir le secteur industriel, le gouvernement, les ONG, les organismes certificateurs autour des communautés locales, et rendre ce projet de certification de groupe possible. C’est ce processus consultatif et participatif entre intérêts privés et publics, qui a mis en avant la certification comme le meilleur moyen pour:

  • Augmenter les revenus et dynamiser l’emploi autour de la production de PFNL certifiés FSC.
  • Promouvoir une gestion durable des ressources
  • Etendre les bonnes pratiques d’achats responsables aux entreprises en aval de la chaîne.

Cette alliance permet alors de faciliter le développement d’indicateurs locaux et applicables aux PFNL, d’intégrer tous les acteurs dans le processus et permet à chacun de mieux maîtriser tous les aspects de la certification forestière FSC.

Après avoir choisi le modèle de certification de groupe pour le projet, c’est FECOFUN qui est choisie pour gérer les ressources au nom des groupes communautaires. Les GUFC ayant participé à l’élaboration des indicateurs, ils suivent désormais les directives de FECOFUN et profitent de l’expertise et des moyens de celle-ci.

C’est en janvier 2005 que le groupement reçoit de l’organisme certificateur Rainforest Alliance / Smartwood, son certificat FSC de groupe pour les PFNL. Plus tard, celui-ci sera étendu également au bois. Au départ, 11 GUFC étaient intégrées à cette certification pilote dans la région, aujourd’hui les 14 086 hectares certifiés sont gérés par 21 GUFC. La taille des groupes communautaires varie beaucoup, de 65 à 544 ménages par groupe, ainsi que les surfaces attribuées allant de 28 hectares à 1981 hectares.

Cette certification a permis de dynamiser les industries locales, et ce sont 8 entreprises forestières de la région qui ont obtenu une certification pour leur chaîne de contrôle. Parmi celles-ci, l’entreprise « Malika » qui produit le premier papier certifié FSC, fait entièrement à la main, et qui est utilisé par la société « Aveda » pour des emballages cadeaux.

Impacts

  • Le développement de directives pour identifier et protéger des espèces rares et menacées de disparition, grâce à l’appui de l’ANSAB.
  • Des formations aux GUFC afin que ceux-ci puissent identifier et cartographier les espèces menacées, les sites culturels et les cours d’eau à préserver.
  • Le FECOFUN s’occupe d’assurer la mise à niveau des membres des GUFC en fonction des changements des conditions forestières ou des évolutions de FSC.
  • L’émulation créée entre tous les acteurs du projet a permis une meilleure compréhension du système et des échanges qui ne laissent personne sur le carreau.
  • A Dolakha, les GUFC se sont arrangés avec les éleveurs de yaks afin que chacun puisse suivre ses activités sans en empêcher l’autre. Un programme de petites subventions a été mis en place afin d’aider ces derniers dans leur élevage resté très traditionnel.

Leçons Apprises

  • Un certificat de groupe, s’il est bien conçu, peut intégrer un grand nombre de membres. Avec un système flexible et modulable, lorsque le nombre de membres augmente, le coût global par membre diminue.
  • Il vaut mieux que le nombre de membres par groupe ainsi que le nombre de produits proposés, soient assez importants pour justifier les frais de mise en place, mais également pour rassurer les clients potentiels.
  • La certification de groupe, assez coûteuse, n’est rentable que si les bénéfices proviennent d’une ouverture au marché international.
  • La sélection des groupes communautaires pouvant être intégrés dans ce type de certificat doivent remplir certains critères : Richesse en PFNL ; une grande superficie voire des possibilités d’extension; une grande motivation et un désir de partager les bénéfices entre tous ; une volonté forte d’améliorer ou préserver la condition des forêts.

Perspectives d’avenir

Malgré tout cela, il reste des défis à relever pour la certification des forêts communautaires au Népal :

  • Obtenir un soutien financier à long terme afin de renforcer le Groupe de Travail FSC local, qui n’est pour l’instant que provisoire, et continuer à développer le standard local.
  • Réunir autour des projets de certification, d’autres opérateurs privés et d’autres ONG pour continuer à promouvoir les produits certifiés de la région.
  • Continuer à augmenter la taille des groupes pour rendre le coût global de certification plus abordable, et permettre un développement local encore plus prononcé.
  • Apporter de l’expertise technique aux entreprises népalaises qui travaillent les PFNL, afin que les produits finis certifiés FSC répondent aux exigences internationales en matière de qualité, de conceptualisation et au niveau de la documentation légale qui doit les accompagner.

Faits et chiffres

  • Certificat: SW-FM/COC-NTFP001438 pour 24 PFNL émis le 22 février 2005.
  • Superficie: 14 086 hectares
  • Membres: 4695 ménages organisés en 21 GUFC
  • Chiffre d’affaire annuel: (vente de PFNL) 484 5600 $ US en 2003 ; 938 486 $ US en 2006
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