BOIS CERTIFIE

Michel Chanut témoigne de son expérience FSC

Michel Chanut06/2014 - Les mentalités changent : le marché veut de plus en plus du bois labellisé !


Située à Fontaine l'Evêque dans le Hainaut, la société Bois Certifié sprl travaille depuis près de 10 ans dans le domaine du bois pour la construction. Cette entreprise s’approvisionne depuis ses débuts en bois certifié FSC. Elle transmet des volumes importants de bois en Belgique et en France, principalement à des menuiseries. FSC Belgique a souhaité donner la parole à Michel Chanut, gérant de Bois Certifié sprl, afin qu’il puisse témoigner de son expérience et de ses motivations à utiliser du bois certifié FSC.

FSC Belgique : Bois Certifié sprl est une entreprise active dans les produits bois de haute qualité technique pour le domaine de la construction. Pouvez-vous nous en dire plus?

Michel Chanut : Je travaillais avant pour Gravibois, mais l’entreprise est devenue Bois Certifié en 2005 car je ne voulais désormais commercialiser que des bois certifiés. En 2005, j’ai ainsi rapidement obtenu mon certificat FSC. J’ai alors cherché des producteurs et importateurs qui travaillaient avec du bois FSC. J’ai ensuite été rencontré les industriels pour connaître leurs besoins spécifiques. La grande particularité de Bois Certifié, c’est que les produits sont spécifiquement adaptés aux besoins techniques de chaque client et sont dans tous les cas labellisés. Les menuiseries et importateurs avec lesquels je travaille sont d’ailleurs, tout comme moi, profondément convaincus de la certification FSC.

FSC Belgique : Votre société figure parmi les premières entreprises belges à avoir opté pour la certification FSC. Quelle a été votre motivation?

Michel Chanut : Je suis profondément convaincu par les valeurs du FSC qui tiennent compte à la fois de critères sociaux, économiques et environnementaux. Je sais que si j’achète du bois FSC, le bois est prélevé légalement, les travailleurs d’où proviennent les bois auront un salaire décent, … Je tiens moi-même à intégrer les trois aspects (environnemental, économique et social) dans ma démarche. Pas question, par exemple, d’acheter du bois importé via des gros camions pollueurs conduits par des chauffeurs sous-payés !

FSC Belgique : Est-ce que l'obtention d'un certificat FSC a eu beaucoup d’incidence sur votre pratique ou sur votre organisation interne?

Michel Chanut : Au début, certainement. J’ai eu de grosses charges administratives à assumer seul. Mais maintenant, j’ai trouvé une manière de travailler efficace avec le système FSC qui ne me prend plus autant de temps qu’auparavant. Pour le reste, cela n’a rien changé, j’ai toujours souhaité travailler avec des entreprises / producteurs certifiés FSC.

FSC Belgique : Au fil des années, avez-vous pu voir beaucoup de changements sur le plan de l’offre en bois certifié FSC ?

Michel Chanut : Les techniques de construction changent avec le temps et l’offre en essences change donc aussi. Ce que j’offre à mes clients n’est plus la même chose qu’il y a 10 ans. Avant, je vendais beaucoup plus de bois exotique qu’aujourd’hui. Maintenant, il y a de nombreuses essences moins connues et non exotiques qui arrivent sur le marché parce qu’elles correspondent mieux à ce que l’on recherche. Lorsque le bois n’est pas exposé aux intempéries, par exemple, il peut avoir une classe de durabilité moindre et les essences plus locales et de plantation peuvent donc correspondre aussi bien que les essences exotiques traditionnelles. Ainsi, on utilise davantage d’essences moins connues qu’auparavant (ex : le sapin rouge du nord) qui arrivent sur le marché car elles s’adaptent pour un tas d’application grâce à la technique du lamellé-collé. On fait plus attention à l’emploi de la bonne essence pour la bonne application.

FSC Belgique : Et au niveau de vos clients, remarquez-vous aussi qu'il y a eu une évolution ces dernières années ?

Michel Chanut : Certainement… Les utilisateurs finaux travaillent de plus en plus avec du bois labellisé FSC et ce, pour plusieurs raisons. D’un côté, il y a des primes des autorités qui encouragent à adopter de plus en plus de bois labellisé, et de l’autre, les mentalités changent petit à petit. Auparavant, on ne se préoccupait guère de savoir si le bois avait été pillé par exemple. Aujourd’hui, le marché veut du bois labellisé, d’autant plus s’il n’est pas plus coûteux qu’un autre. Si on doit choisir entre un produit FSC et un non FSC et qu’ils ont tous les deux le même prix et la même qualité, on préfère se tourner vers un produit labellisé. Celui qui ne sera pas FSC dans 10 ans aura disparu, selon moi. Les menuiseries qui n’étaient pas labellisées il y a 5 ans et qui travaillent avec moi aujourd’hui en sont aussi convaincues et ne veulent plus travailler qu’avec du FSC.

FSC Belgique : Recommanderiez-vous la certification ? Pourquoi ?

Michel Chanut : Bien sûr. C’est une valeur sûre, c’est rentable, et en plus, comme je l’ai déjà dit, le marché change tellement qu’il sera bientôt simplement impossible de survivre dans le secteur du bois si on ne se certifie pas. Le tout est de travailler de la bonne manière. Et c’est ça le grand défi du secteur : arriver à un rapport qualité/prix raisonnable avec le FSC. Même si à la base, le bois FSC est un tout petit peu plus cher que du bois non labellisé, je vous assure qu’une entreprise peut vendre au client final du bois labellisé moins cher qu’un bois qui ne l’est pas ! Pour ma part, j’achète directement mon bois auprès du producteur pour le revendre ensuite (principalement) à des menuiseries. La chaîne est donc très courte et les produits sont moins chers au final !

FSC Belgique : Et quels sont les défis que vous voyez pour le label FSC ?

Michel Chanut : FSC doit faire face à plusieurs défis selon moi. Il devra veiller à inciter les régions / le pays à octroyer des primes, une aide, ou au moins une reconnaissance à ceux qui font l’effort de construire avec du bois labellisé FSC. FSC devrait aussi peser davantage sur les institutions comme le Parlement Européen à prendre des mesures plus contraignantes en faveur du bois labellisé. Si l’arrivée de la nouvelle Réglementation Bois de l’Union européenne est un premier pas vers un mieux, FSC devra s’imposer de plus en plus comme solution concrète contre le commerce illégal de bois.

FSC Belgique : Un projet à l’avenir ?

Michel Chanut : J’ai beaucoup de projets mais si je devais en dire un, ce serait mon projet (déjà commencé) avec les panneaux de bois lamellés-croisés (CLT). Ces panneaux permettent de faire des murs des maisons et des constructions multi-étages à prix raisonnable. Je souhaite ouvrir le marché en Belgique de maisons faites avec des panneaux CLT. Cela permettrait aux jeunes d’accéder à des maisons basses énergie en bois, et ce à prix raisonnable. Le marché est déjà bien ouvert en France, et cela va commencer en Belgique.


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